En 2025, la poétesse du Sud, Elizabeth GUYON SPENNATO, s’est vu décerner le prestigieux « Prix Formosa des Échanges et de la Traduction » par la Fondation Culturelle de Tamsui. Cette distinction vient couronner le dévouement et l'élégance avec lesquels, maniant avec une grâce égale le chinois et le français, elle s’attache depuis de longues années à traduire et à insuffler la voix des poètes taïwanais et la délicatesse de leurs courts poèmes modernes au cœur de l'univers littéraire français.
(Elizabeth aux côtés de LEE Kuei-shien, poète, Trésor National de Taïwan.)
Quand la poésie se fait pont et l'image murmure : le souffle de Taïwan s'invite en Provence
Sous l'azur d'un après-midi printanier en Provence, la caresse du soleil sur les pavés s'étire telle une page de poésie que l’on déploie avec lenteur. C'est ici que s'écrit, entre les vers et les cœurs, l'histoire partagée entre la poétesse Elizabeth et Taïwan — un récit né de la plume, qui trouve son écho au-delà des écrans.
Trois ans de clarté culturelle : la tendre alliance entre cinéma et poésie
Depuis 2020, des liens d'une précieuse complicité unissent Elizabeth au Bureau de Taïwan à Aix-en-Provence. Sous l'impulsion de cette institution, elle déploie sa sensibilité de poétesse et la douceur de son engagement pour cultiver l'échange des mots entre nos deux terres. À travers le prisme du cinéma féminin taïwanais, elle révèle la richesse d'une île où cohabitent les langues et les mémoires, semant ainsi avec subtilité l'âme de Taïwan en terre provençale. Après trois années de maturation et une collaboration étroite avec ledit Bureau et l'Institut de l’image d'Aix-en-Provence, les œuvres de réalisatrices taïwanaises ont ainsi illuminé les écrans :
- Avril 2024 : Day Off
- Janvier 2025 : Missing Johnny
À chaque levé de rideau, Elizabeth, de sa voix empreinte d'une douceur infinie, tisse pour son auditoire le récit des métamorphoses historiques, politiques et sociales de Taïwan. Elle offre également le souffle des vers en taïwanais de LEE Kuei-shien, poète lauréat et trésor de l'âme nationale.
Bien plus qu'une simple lecture, elle dévoile son attachement profond pour cette langue dont elle saisit chaque nuance de cœur. Sous le ciel de Provence, elle laisse ainsi la mélodie des mots taïwanais s’élever et flotter avec grâce, comme une caresse suspendue dans l'air.

(Lors de la rencontre poétique du 17 janvier 2025, Elizabeth a présenté des œuvres de la poétesse taïwanaise CHEN Hsiu-chen.)
Trois mois d'immersion en terre taïwanaise : un dialogue au cœur de la « Li Poetry Society »
Afin d'offrir toute sa splendeur à la rencontre poétique du 30 mars 2026 — co-organisée par le Bureau de Taïwan à Aix-en-Provence et la Fondation Saint-John Perse — Elizabeth a regagné les rivages de Taïwan en décembre 2025 pour un voyage d'étude de trois mois, telle une quête au creux des vers. Elle est allée à la rencontre des voix de la « Li Poetry Society », ce cercle emblématique de la poésie locale, croisant le regard de poètes, de peintres, d'historiens, d'universitaires et d'acteurs de la scène médiatique.
Chaque entretien fut une confidence lente et sincère, lui permettant de saisir le terreau sauvage, l'évolution des langues et le sillage de l'histoire qui irriguent la poésie taïwanaise. Son vœu le plus cher est désormais de partager avec le public français le charme magnétique de cette culture plurielle.
Lors de cette veillée du 30 mars, Elizabeth nous transmettra l'écho des poétesses taïwanaises à travers leurs récitals filmés; elle nous bercera également de chants aborigènes de l'île et de poésie chinoise. À travers le film Gaga (« traditions et codes de savoir-vivre hérités des ancêtres » dans la langue Atayal), elle dévoilera les dissonances et les harmonies entre les traditions Atayal et le tumulte de la vie moderne, invitant chacun à contempler la beauté et la mélancolie de l'une des seize tribus autochtones de Formose.

L’unique plume étrangère au cœur de la revue « Li Poetry Magazine »
Le destin d’Elizabeth et de Taïwan est à jamais tressé de poésie.
Après avoir parachevé ses études à l’Université normale (NTNU) et à l’Université nationale de Taïwan (NTU) dans sa jeunesse, elle s’est adonnée à l’écriture. En juin 2021, répondant à l’invitation fraternelle de la poétesse CHEN Hsiu-chen, elle devient la première et l'unique plume étrangère, depuis la création de la revue en 1964, à publier ses vers directement en langue chinoise dans le n°343 de Li Poetry Magazine. À ce jour, ses œuvres ont illuminé 29 numéros, telle une rivière poétique franchissant les frontières pour couler éternellement vers l'horizon littéraire taïwanais.
Par ses vers et ses traductions, elle invite les littératures taïwanaise et française à un tendre tête-à-tête.
En 2019 et 2022, elle a fait éclore en France les recueils bilingues La langue du Sud (mandarin-français) et Cœur Pur (taïwanais-français), suivis en 2024 de Un soleil sur le visage (mandarin-français) publié à Taïwan. Dans ces pages, la lumière de Provence se mêle au parfum de Taïwan ; on y perçoit son âme française, mais par-dessus tout, son attachement profond pour cette île qu’elle chérit comme sa seconde patrie.
